Spécial 8 Mars- Interview avec Mme Wafaâ Al-Hassani Doyenne de la Faculté des Sciences et Techniques de Santé

1- Quel regard portez-vous sur le degré d’accès des femmes aux postes de décision dans le secteur universitaire ?

Mme Wafaâ Al-Hassani
Doyenne de la Faculté des Sciences et Techniques de Santé

Suite aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, et aux différentes réformes déployées depuis l’ère de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, le rôle de la femme marocaine mais aussi sa place dans la société et le regard qui lui est porté ont connu un véritable progrès. Ceci est perçu au niveau de tous les domaines aussi bien économique, politique, social que culturel ou scientifique.

Pour répondre à votre question, je dirais que le rôle de la femme dans le milieu professionnel, plus précisément dans le secteur de l’enseignement supérieur, est perçu, selon moi, sous deux angles différents : son engagement du point de vue professionnel à travers son savoir et ses multiples expériences, mais aussi une sensibilité différente qu’elle porte en elle par instinct, et qui lui permet d’accomplir ses missions avec beaucoup de passion surtout quand il s’agit du domaine de la formation et de l’éducation. C’est un véritable atout à mon sens.

2 – Selon vous, comment ce constat peut-il être expliqué ?

Ceci est dû principalement aux différentes réformes déployées plus précisément le code de la famille ou encore le système de quota qui a été instauré à une certaine époque au niveau du parlement, même si –à mon humble avis- la femme devrait avoir sa place par mérite et non pas par obligation.

Cette évolution du rôle et de la place de la femme dans les différents secteurs est due également à la Constitution qui a été promulguée en 2011 et qui régit plusieurs aspects de la vie en l’occurrence le droit à la vie et le droit à l’accès aux soins et à l’éducation. Tout ceci s’allie de manière bien fondée avec l’adhésion du Maroc aux Objectifs du Développement Durable à horizon de 2030, et parmi lesquels on trouve l’égalité entre les sexes.

3 – Plus particulièrement pour votre université, quelle place occupe la femme dans la culture de l’entreprise et dans votre organigramme ?

Au niveau de notre université, nous accordons beaucoup d’intérêt à la femme. Ceci se traduit par la présence d’un nombre important de femmes dans des postes de décision. Nous avons non seulement des femmes Responsables ou Doyennes, mais aussi une Vice-Présidente à la tête de plusieurs départements œuvrant dans les domaines de l’innovation et du développement stratégique.

Au niveau de la Faculté des Sciences et Techniques de Santé que j’ai l’honneur de diriger, nous avons un pourcentage de 90% de femmes, et il en va de même pour le reste de nos établissements. Ceci nous pousse à évoquer également le degré de représentativité du sexe féminin au sein de notre communauté estudiantine. Aujourd’hui, nous assistons à une augmentation de l’effectif des étudiantes au niveau des différentes spécialités, comme par exemple la Faculté des Sciences et Techniques de Santé qui est majoritairement occupée par le sexe féminin (86%) et la Faculté de Médecine qui connaît une prédominance féminine de 70%, tout en sachant qu’il s’agit d’une discipline qui a connu au cours des années 70 jusqu’aux années 90 une forte présence masculine (20% du sexe féminin).

4 – Comment déployez-vous l’approche genre dans votre université et quel bilan dressez-vous à ce titre ?

Au niveau de notre université, je dirais plutôt que c’est une approche d’égalité hommes-femmes qui est méritée. Ceci dit que la femme recrutée au sein de notre établissement est encouragée, accompagnée et encadrée dans ses multiples missions depuis son premier jour de recrutement jusqu’à ce qu’elle atteigne ses objectifs.

En ce qui concerne nos étudiants, il a été souligné que les trois dernières années ont connu une hausse au niveau de la représentativité du sexe féminin au sein de notre Faculté. Sauf que l’approche genre pour notre cas est déployée sous un angle différent : nous incitons de plus en plus nos étudiants du sexe masculin à s’orienter vers des professions qui sont connues sous une connotation féminine comme l’orthophonie, la psychomotricité et l’orthoptie. Nous parlons dans ce cas d’une approche genre réfléchie.

5 – A votre avis, quels seraient les leviers efficaces à actionner pour plus de représentativité des femmes dans les sphères de décision ?

Je pense que le principal levier est de donner davantage de confiance à la femme pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle a accompli et pour ce qu’elle est capable de réaliser dans le futur. Je tiens à cette occasion à remercier nos premières femmes leaders, quelles que soient leurs fonctions, ce sont nos mères qui ont sût parfaitement nous transmettre ce sens de responsabilité et de leadership.

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Université Mohammed VI des Sciences de la Santé
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